PROCÉDURE & FORMALITÉS 29.07.26 · 6 MIN

Qui décide de la réduction de capital en SAS ?

Qui décide de la réduction de capital en SAS ou SASU ? Statuts, organe compétent, AGE, délai d'opposition : procédure complète 2026.

Sommaire — 6 parties
L'ESSENTIEL EN TROIS LIGNES
01 En SAS, c'est l'organe désigné par les statuts qui décide de la réduction de capital — souvent l'assemblée des associés statuant en AGE.
02 La liberté statutaire de la SAS est totale sur les règles de majorité et de quorum : vérifiez vos statuts avant toute chose.
03 Une réduction non motivée par des pertes impose un délai d'opposition des créanciers de {{delai_opposition_sa_sas}} à compter du dépôt du PV au greffe.

En SAS, c’est l’organe désigné par les statuts qui décide de la réduction de capital. Faute de clause spécifique, la collectivité des associés réunie en assemblée générale extraordinaire (AGE) est compétente. Les règles de majorité et de quorum sont celles prévues par vos statuts — il n’existe aucune majorité légale imposée, contrairement à la SARL.

La liberté statutaire de la SAS : le principe fondateur

La SAS est la forme sociale la plus souple du droit français sur le plan de la gouvernance. Les articles L227-1 et suivants du Code de commerce organisent cette liberté : les associés sont libres de fixer dans les statuts les conditions dans lesquelles les décisions collectives sont prises, y compris celles qui emportent modification des statuts.

La réduction du capital social touche directement une mention statutaire obligatoire (article 1835 du Code civil ; article L210-2 du Code de commerce). Elle implique donc, par nature, une modification des statuts. C’est ce lien mécanique qui détermine la compétence de l’organe décideur.

En pratique, les statuts prévoient généralement deux niveaux de décision :

  • les décisions ordinaires (approbation des comptes, distribution de dividendes…),
  • les décisions extraordinaires, réservées aux modifications statutaires — dont la variation du capital.

La réduction de capital relève systématiquement de cette seconde catégorie.

⚠️ Piège fréquent : confondre les règles de majorité de la SAS avec celles de la SARL. En SARL, l’article L223-30 du Code de commerce impose une majorité légale pour toute modification des statuts. En SAS, cette règle n’existe pas : seuls vos statuts font foi. Une rédaction imprécise de la clause de décision extraordinaire peut bloquer l’opération ou, à l’inverse, permettre à une minorité d’imposer une réduction que les autres associés n’ont pas approuvée.

L’organe compétent : ce que disent (ou taisent) vos statuts

L’assemblée générale extraordinaire : le cas le plus courant

Dans la majorité des SAS dont les statuts ont été rédigés de façon standard, c’est l’assemblée générale des associés, statuant selon les règles prévues pour les modifications statutaires, qui décide de la réduction de capital. On parle d’AGE par analogie avec la SA, même si le terme n’est pas imposé par la loi pour la SAS.

Les statuts précisent généralement :

  • le quorum requis (pourcentage du capital représenté pour que la réunion soit valide),
  • la majorité (deux tiers, trois quarts, unanimité…),
  • les modalités de convocation (délai, forme, auteur de la convocation).

Aucune de ces règles n’est imposée par le Code de commerce pour la SAS. Si vos statuts sont muets sur l’un de ces points, une ambiguïté juridique existe et peut conduire à une contestation ultérieure.

D’autres organes possibles

Des statuts bien rédigés peuvent confier la compétence à un autre organe : conseil de surveillance, comité stratégique, voire le président de la SAS pour certaines opérations de faible montant. Cette délégation est juridiquement valide tant qu’elle figure expressément dans les statuts.

Le cas particulier de la SASU

En SASU (SAS à associé unique), la question de l’organe décideur est réglée par définition. L’associé unique prend la décision de façon unilatérale, par une décision de l’associé unique (DAU), consignée dans un registre de décisions. Il n’y a pas d’assemblée, pas de quorum, pas de vote. La décision est souveraine, sous réserve que les formalités postérieures soient respectées.

Claire, présidente d’Hélios Énergie — la SAS que nous suivons à titre d’exemple sur ce site —, a ainsi pu décider seule d’une réduction de capital lors d’une restructuration, en signant une simple décision de l’associé unique actant la modification statutaire. La rapidité de la procédure en SASU est l’un des avantages opérationnels de cette structure.

Réduction motivée ou non par des pertes : une distinction qui change tout

La nature de la réduction conditionne directement les formalités à accomplir après la décision.

CritèreRéduction motivée par des pertesRéduction non motivée par des pertes
ObjectifApurer un report à nouveau déficitaireRembourser des apports, racheter des titres, restructurer
Droit d’opposition des créanciersNon applicableOui — délai de 20 jours à compter de le dépôt du procès-verbal au greffe du tribunal de commerce
Exécution de la réductionPossible dès la décision et la publicitéUniquement après expiration du délai d’opposition ou rejet des oppositions
Impact sur le gage des créanciersNul (les créanciers n’y perdent rien)Réel (diminution de l’actif net disponible)
Références légalesarticles L225-205 et R225-152 du Code de commerce

💡 À retenir : le délai d’opposition de 20 jours est le piège le plus fréquent dans les réductions non motivées par des pertes. Des dirigeants procèdent à la restitution des fonds avant l’expiration de ce délai — ce qui expose la société à un recours des créanciers et à la nullité de l’opération. La date de départ du délai est le dépôt du procès-verbal au greffe du tribunal de commerce, pas la date de la décision en AGE.

Pour aller plus loin sur la procédure complète, consultez notre page dédiée à la réduction du capital social.

Les formalités après la décision : de l’AGE au Kbis

La décision de l’organe compétent n’est que la première étape. Quatre formalités s’enchaînent obligatoirement.

1. La rédaction du procès-verbal (PV) ou de la décision

Le PV d’AGE (ou la DAU en SASU) doit mentionner : la date, l’organe réuni, les règles de quorum et de majorité respectées, le montant du capital avant et après réduction, le motif de la réduction, et les nouvelles dispositions statutaires modifiées. Ce document est la pièce centrale du dossier de formalités.

2. La publication d’une annonce légale

La modification doit être publiée dans un support habilité à recevoir des annonces légales, conformément à la loi n° 55-4 du 4 janvier 1955. Le contenu de l’avis est encadré : il doit notamment mentionner l’ancienne et la nouvelle dénomination du capital, la forme de la réduction, et les coordonnées de la société.

Le coût de cette annonce est de 136 € HT (tarif forfaitaire). Pour des exemples de rédaction, voyez notre guide sur l’annonce légale changement de capital : exemples 2026.

3. Le dépôt au guichet unique INPI

L’inscription modificative au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) et au Registre National des Entreprises (RNE) se fait via le guichet unique des formalités des entreprises géré par l’INPI. Le dossier comprend notamment :

  • le PV ou la DAU,
  • les statuts mis à jour,
  • l’attestation de parution de l’annonce légale,
  • le formulaire de modification.

Les frais de greffe pour une inscription modificative avec avis BODACC s’élèvent à 166,71 € TTC.

4. La délivrance du nouveau Kbis

Une fois l’inscription réalisée, le greffe délivre un nouvel extrait Kbis mentionnant le capital à jour. Le numéro SIREN reste identique, conformément à l’article L210-6 du Code de commerce. La société n’est pas dissoute ni recréée : elle continue sous la même personnalité morale.

📌 Bon à savoir : si la réduction non motivée par des pertes intervient dans le cadre d’un rachat de titres suivi d’une annulation, l’opération peut nécessiter des formalités complémentaires liées au rachat lui-même. Vérifiez les clauses statutaires relatives aux cessions et rachats de parts avant d’engager la procédure.

Réduction de capital en SAS : ce que vos statuts doivent prévoir

Si vous êtes en phase de rédaction ou de révision de vos statuts, voici les clauses à anticiper pour sécuriser une future réduction de capital :

1. La clause de compétence : désignez explicitement l’organe décideur pour les modifications statutaires. L’ambiguïté est le premier facteur de blocage.

2. Le quorum : fixez un seuil minimal de représentation du capital pour que la décision soit valide. Sans quorum, une réunion peu fréquentée peut adopter une décision contestable.

3. La majorité : définissez-la en termes clairs (majorité simple, deux tiers, trois quarts, unanimité). Certains pactes d’actionnaires prévoient une majorité renforcée pour les opérations sur le capital, en complément des statuts.

4. Les modalités de convocation : délai, forme (lettre recommandée, courriel avec accusé de réception…), auteur (président, associés représentant X % du capital). Un vice de convocation peut entraîner la nullité de la décision.

Si vos statuts sont insuffisamment précis sur ces points, la réduction de capital peut devenir une opération complexe et contentieuse. Un examen préalable des statuts est indispensable — c’est l’étape zéro de toute procédure de modification du capital.

Pour mieux comprendre les questions de gouvernance connexes dans la SAS, vous pouvez également consulter le guide sur qui décide du changement d’objet social en SAS, qui suit la même logique de liberté statutaire.

Synthèse : qui décide, dans quel délai, selon quelle procédure ?

SituationOrgane décideurDélai avant exécutionFormalités clés
SAS pluripersonnelleOrgane prévu par les statuts (souvent AGE)20 jours si non motivée par pertesPV, annonce légale, guichet INPI
SASUAssocié unique (DAU)20 jours si non motivée par pertesDAU, annonce légale, guichet INPI
Réduction motivée par des pertesIdemAucun délai d’oppositionPV/DAU, annonce légale, guichet INPI

Notre service prend en charge l’intégralité des formalités après votre décision : préparation du dossier de dépôt, commande de l’annonce légale, transmission au guichet unique INPI. Les honoraires démarrent à à partir de 200 € HT, auxquels s’ajoutent 136 € HT d’annonce légale et 166,71 € TTC de frais de greffe.

Pour tout cas particulier — réduction dans le cadre d’un coup d’accordéon, rachat de titres propres, réduction partielle avec remboursement —, contactez-nous avant d’engager la procédure. Certaines configurations nécessitent un examen préalable des statuts et, le cas échéant, un accompagnement juridique spécialisé.


Article rédigé par Alexis Egron, dirigeant de Norge Conseil. Mis à jour le 24 juillet 2026.

Modification du Capital Social
Supervise les dossiers du réseau · relu le 24.07.26
200 € HT
vérifié avant dépôt
Modifier mon capital